Agrile du frêne

Mise en contexte

L’agrile du frêne a été observé à Saint-Jean-Port-Joli au printemps 2019. À la demande de la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli, l’ACIA (Agence canadienne d’inspection des aliments) est venue constater la situation et a confirmé sa présence.

Pour prévenir sa propagation, l’ACIA impose des restrictions interdisant le déplacement des billes de frêne et du bois de chauffage hors des zones réglementées. Les MRC de L’Islet, de Kamouraska et de Montmagny font maintenant partie de la liste des zones réglementées.

Propagation

On discerne 2 types de propagations de l’insecte. La première sur des distances relativement courtes se fait par l’insecte adulte lui-même afin de repérer un autre insecte et s’accoupler. Le 2e vecteur est anthropique et consiste au transport de matériel contaminé. Ce vecteur permet à l’agrile de se déplacer sur de grandes distances. Le transport de bois de chauffage est identifié comme étant un des plus grands vecteurs de propagation. La solution : Achetez local et évitez de transporter votre bois en camping !

Les matières réglementées, tels les produits du frêne et le bois de chauffage de toutes les essences, ne peuvent être déplacées hors de la zone réglementée (en jaune) vers l’extérieur (en gris) sans l’autorisation préalable de l’ACIA. Les matières réglementées comprennent les suivantes :

+ Le matériel de pépinière issue du frêne;
+ Les frênes
+ Les billes de frêne
+ Le bois de frêne
+ Le bois brut (y compris les palettes et autres matériaux d’emballage en bois de frêne, l’écorce et les copeaux de bois ou d’écorce de frêne)
+ Le bois de chauffage de toutes les essences

Les véhicules ayant été utilisés pour transporter une ou plusieurs de ces matières sont aussi réglementés.

Le déplacement de ces matières hors d’une zone réglementée est autorisé uniquement si les conditions suivantes sont remplies :

+ Les matières à déplacer ont fait l’objet d’un traitement reconnu pour causer la mort ou le retrait de l’agrile du frêne, quelle que soit l’étape de son cycle de vie;

+ Une autorisation écrite a été accordée par un inspecteur de l’ACIA.

Sommairement, le déplacement de matière peut être effectué entre zones réglementées (zones en jaune), mais nécessite une autorisation de L’ACIA s’il y a déplacement de matière vers les zones non réglementées (zones en gris). 


Il est important de savoir que l’on peut recevoir une amende si l’on déplace du bois en dehors d’une zone réglementée, et ce, en vertu de la Loi sur la protection des végétaux (LPV).


Zone réglementée


Reconnaître un frêne et l’agrile du frêne

Avez-vous des frênes sur votre terrain?
Les frênes sont des arbres à grand déploiement pouvant atteindre 15 à 20 mètres de hauteur (environ 45 à 60 pieds) et pouvant vivre plus de cent ans. Les feuilles de frêne sont généralement vertes en été et jaunes en automne. Elles sont composées de 5 à 11 folioles disposées de manière opposée sur les branches. Les fruits du frêne sont des samares verdâtres allongées regroupées en grappe, souvent abondantes et parfois persistantes l’hiver.



Qu’est-ce que l’agrile du frêne?
L’agrile du frêne (originaire d’Asie) est un coléoptère envahissant extrêmement destructeur qui attaque et tue toutes les espèces de frênes. Sa présence au Canada a été confirmée pour la première fois en 2002. L’agrile du frêne a déjà tué des millions de frênes en Amérique du Nord. Il s’agit donc d’un enjeu économique et environnemental important pour les municipalités du Québec.

Le déplacement de bois de chauffage non traité est un mode de propagation commun pour l’agrile du frêne. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) réglemente ce parasite pour protéger les forêts, les arbres municipaux et les pépinières du Canada.

Comment le reconnaître?
Un spécimen typique de l’agrile présente un coloris bleu vert émeraude, brillant et métallique. L’insecte mesure entre 0,85 et 1,4 cm de longueur. Des reflets cuivrés, bronze et même rougeâtres sont visibles sur l’abdomen.




Quel sont les signes d’infestation?
L’agrile attaque les frênes en commençant par leur cime. Il peut s’écouler 2 à 3 ans après le début de l’infestation avant que les signes et symptômes suivants apparaissent :




Quoi faire en cas d’infestation?

Comment protéger vos frênes

Pour traiter les frênes, il existe actuellement sur le marché un bioinsecticide, appelé le TreeAzin (Azadirachtine). Développé par le Service canadien des forêts (SCF), en collaboration avec BioForest Technologies, le TreeAzin doit être injecté directement dans l’arbre par un applicateur certifié, entre la mi-juin et la fin août. Le diamètre du frêne à traiter doit être d’au moins 20 cm pour recevoir le traitement. Le TreeAzin peut prévenir et même freiner la progression des dommages causés par l’agrile chez les frênes en santé, si ceux-ci présentent des signes de dépérissement de la cime inférieurs à 30 %. Il est possible qu’un frêne soit infesté malgré l’absence de symptôme; c’est pourquoi il est fortement recommandé de ne pas attendre pour faire évaluer l’état de santé de vos frênes. Le traitement d’un frêne au TreeAzin augmente ses chances de survie de manière significative. Dans le contexte actuel, un frêne qui ne sera pas traité à courte échéance mourra d’ici les prochaines années.

Le traitement au TreeAzin doit être effectué tous les deux ans, pour le reste de la vie du frêne, afin de le protéger de l’agrile ou jusqu’à la mise en marché de nouvelles solutions de contrôle efficaces et sécuritaires. Il en coûte entre 200 $ et 400 $ par traitement, en fonction de la grosseur de l’arbre.
 
Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site Internet du fournisseur BioForest au www.bioforest.ca

Abattage

La décision de traiter ou d’abattre les frênes appartient aux propriétaires des terrains où ils se trouvent. Plusieurs critères sont à considérer pour prendre une décision éclairée. Dans le doute, n’hésitez pas à contacter un entrepreneur qualifié. Toute intervention doit être faite en conformité avec la réglementation applicable.

Un frêne malade comportant moins de 30 % de branches mortes peut être traité au lieu d’être abattu. Aussitôt que 30 % du feuillage de la cime est perdu ou que l’évaluateur chargé du traitement estime que votre frêne ne peut plus être traité, il est fortement recommandé de l’abattre. Cette opération permet d’éviter que les larves en développement sous l’écorce produisent de nouveaux insectes pour l’année suivante. Puisque certaines municipalités ont adopté des dispositions régissant l’abattage des arbres malades, dont les frênes infestés par l’agrile du frêne, veuillez contacter votre municipalité si vous constatez des signes de dépérissement sur vos frênes. Un permis d’abattage d’arbre est requis dans la plupart des municipalités.

Lorsqu’un arbre atteint par l’agrile du frêne est coupé, le transport du bois vers un site permettant la destruction de l’agrile est possible seulement entre le 15 septembre et le 15 avril.

Sachez que l’ACIA n’abattra pas les arbres infestés et n’offrira aucune indemnisation.

Essences d’arbres de remplacement

Si vous optez pour l’abattage de vos frênes, le site Internet de l’ACIA propose une quinzaine d’essences d’arbre de remplacement.


Voici les options à envisager selon l’état de l’arbre :

Pour plus de détails :

Site web du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes (CQEEE)

Site web de l’agence canadienne d’inspection des aliments

Communiqué de presse

Fichier(s) à téléchager